Quel est le sens de “la RSE” en 2010 pour des entreprises confrontées aux défis de compétitivité ? - Juin 2010 |
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There are no translations available. Quel est le sens de la RSE en 2010 pour les entreprises confrontées aux nouveaux défis de compétitivité? Slogan naïf ou “management du monde qui vient” ? Communication moralisante ou création d’un avantage concurrentiel ? Comment échapper aux clichés et préjugés auxquels on assimile la RSE ? Comment faire comprendre ce qu’elle est vraiment ; l’outil managérial des leaders de demain, confrontés désormais à des questions de Société, de régulation et de crédibilité. La RSE est le moyen de créer des “entreprises collaboratives” avec les différents acteurs, en ces temps agités de recomposition des modèles. La Harvard Business Review vient de consacrer successivement ses deux dernières livraisons à « l'enjeu majeur des externalités » et à « l'impératif de durabilité ». Ses auteurs invitent les acteurs du business américain à prendre très au sérieux des éléments de compétition qu'ils traitaient jusqu'ici par le biais de « l'innovation verte », pour les meilleurs, et par la philanthropie pour les plus traditionnels. Dans le même temps, la France vient d'étendre l'obligation de rapporter et d'attester des données sur les impacts sociaux et environnementaux dans les comptes des entreprises de plus de 500 salariés. Deux phénomènes simultanés au cœur de la mondialisation des échanges, font avancer inéluctablement les exigences de responsabilité l'égard des entreprises internationales. D'une part, les pays émergents ne veulent pas voir leurs nouveaux fleurons à l'export mal référencés et leurs économies dévalorisées. D'autre part, en dépit de la crise, les populations des pays développés continuent d'exiger des acteurs économiques des pratiques socialement acceptables, au sens large, et ne sont pas prêtes à concéder des « régressions » en termes d'impact sur la santé, l'environnement ou les droits humains. S'ajoutent à ces tendances la démonstration apportée par des entreprises leaders qui ont su transformer en avantage concurrentiel des pratiques de responsabilité avancées, dans les zones en développement notamment. La théorie de Porter - la RSE est un avantage compétitif au travers de l'amélioration de la chaîne de valeur - fait son chemin. Mais une entreprise n'est pas considérée « responsable » en multipliant les signatures d'engagement et les déclarations de principes, pour se mettre en conformité ! La RSE qui a du sens aujourd'hui est celle qui recherche une dynamique d'avance, en termes de gain, d'attractivité, de gestion de risques et de partenariat institutionnel. C'est celle qui intègre dans sa création de valeur la prise en compte des enjeux collectifs et qui le réalise de façon collaborative dans la Société* . C'est pourquoi la RSE est en train de passer d'un statut défensif à un statut pro-actif. Du moins au sein des gouvernances qui font l'effort de réduire leurs externalités négatives et qui veulent s'adapter plus vite à la société du 21°siècle. Avec la RSE, on entre plus vite dans le « management du monde qui vient ». Depuis Copenhague, nous savons que nous n'imposerons pas à la Chine nos normes « qualitatives », fut-ce au nom du climat ou des droits humains. Et il est naïf d'espérer avant longtemps que l'OMC multiplie les « exceptions sociétales » au libre échange. Reste donc une seule voie, pragmatique, celle du « contrat de progrès Etat Entreprise », autour d'objectifs d'intérêt commun. C'est ce que permet la RSE en créant les conditions d'un « deal » volontaire en lien avec la Société, créateur de valeur considérée comme plus « durable » pour les deux parties. Après le temps de « la RSE polie », arrive le temps de « la RSE choisie » qui va au-delà d'une mise à niveau sociale et environnementale des modes de fonctionnements sur les marchés. La RSE des années 2010 sera l'organisation de contrats de collaboration économique Entreprise-Société, dans le cadre d'une régulation collective vers un modèle global plus « durable ». Ceci contribuera à réduire la tension montante entre les Etats, l'opinion et les grands groupes et à faire progresser nos défis de gouvernance.
1- Les Etats réalisent que la RSE est un outil de régulation complémentaire dans la gestion efficace des marchés.Entre la loi déficiente et le marché surpuissant, existe-t'il un espace pour la régulation publique, notamment des enjeux nouveaux, dans les zones sensibles ? Est-ce que la « nouvelle RSE » peut jouer un rôle contre la course au dumping social et environnemental dans le cadre des échanges internationaux ? Ceci suppose que la RSE soit gérée d'abord comme un outil de création de valeur économique, volontaire, apportant une contrepartie différenciante, dans la sphère d'impact de l'entreprise. Ceci suppose ensuite que l'Etat et la Société y trouvent leur compte, à travers la correction d'externalités et un apport positif qui ne verrait pas le jour autrement, en tout cas pas aussi vite. Le contrat résout cette équation. Il fait sortir la RSE du champ de la philanthropie, de la communication ou du marketing unilatéral, en créant une valeur durable partagée. Déjà, certaines politiques de soutien industriel, de correction des risques, de prévention, s'appuient sur cette logique gagnant-gagnant.
2- Les démarches de RSE s'imposeront par des collaborations contractuelles qui dépassent la simple réduction des impacts.Après une période de critique intense des discours conformes, mal ou insuffisamment établis, les investisseurs, les consommateurs, comme les ONG et les medias, ont appris à rechercher les preuves derrière les déclarations de « responsabilité sociétale ». Il devient possible d'identifier les démarches qui remontent dans les processus de décision, celles qui sont clairement discutées au sein de la gouvernance et devant les actionnaires, et celles qui ont une réalité économique, en termes de gains et pas seulement de coûts. Pour autant, la vraie maturité d'une démarche RSE, s'inscrivant dans une volonté de co-régulation des enjeux collectifs, au nom du développement durable, est celle qui dépasse la mesure, l'initiative et la restitution de ces progrès fonctionnels : c'est celle de l'engagement aux côtés de partenaires, pouvoirs publics ou acteurs sociaux, afin de créer une « valeur sociétale » qui complète la « valeur actionnariale » que l'entreprise cree, en vue de porter ensemble un enjeu collectif pertinent. |