Pas d'ISR performant sans reporting RSE pertinent - Les termes du débat - Octobre 2010 |
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There are no translations available. Pas d'ISR performant sans reporting RSE pertinent - Les termes du débat (152.40 KB) Septembre a été riche en actualité pour l'Investissement Socialement Responsable. Deux études ont permis de relancer le débat sur la pertinence et la performance des approches ISR. Concernant la performance des fonds ISR, les conclusions de l'EDHEC Risk Institute sont équivoques. D'un point de vue statistique on ne peut pas mesurer la performance des fonds ISR à un niveau suffisamment significatif. Cela se conçoit très bien compte tenu des explications multiples de la performance. Toutefois cette non significativité révèle aussi un échec de ces fonds ISR : arriver à surperformer en élargissant le spectre d'analyse. Pour ce qui est de la pertinence, ce sont Les Amis de la Terre qui critiquent la composition, jugée d'une « irresponsabilité accablante », des fonds ISR commercialisés en France et qui ont reçu le label de référence Novethic en 2009. Pourquoi évoquer ces deux travaux ? Parce que la pertinence des fonds ISR et leur performance sont liés. On peut en dire de même pour les démarches RSE : peu liées à la stratégie de l'entreprise et peu pertinentes aux regards de ses enjeux propres elles ne montrent pas leur valeur ajoutée pour l'entreprise. Tant que les fonds ISR ou les démarches RSE ne seront pas davantage volontaristes, apprécier leur performance restera un exercice difficile, polémique et, au final, peu judicieux. Le reporting des entreprises est la clé de voûte pour optimiser les démarches RSE et les choix d'ISR. La question fondamentale est la suivante : comment optimiser l'information pertinente pour les démarches RSE et aider les gestionnaires d'actifs à créer de la surperformance via leur démarche ISR? Il n'y aura de stratégies ISR performantes que si les informations sont pertinentes. Optimiser le circuit de l'information RSE, pour l'entreprise et ses investisseursDu côté des émetteurs de ces informations ESG (environnementales, sociétales et de gouvernance), à savoir les entreprises, il reste beaucoup à faire. Non pas en termes quantitatifs, puisque le reporting de la part des entreprises cotées en France est maintenant riche. Il faut se féliciter des progrès qui ont été accomplis lors de ces 10 dernières années. Pourtant, en termes qualitatifs, le reporting reste assez pauvre. Les études réalisées du côté des investisseurs – mais aussi des autres parties prenantes - le montrent bien. De fait, l'investisseur peut-il réellement distinguer, à la lumière du reporting RSE actuel, ce qui est stratégique pour l'entreprise de ce qui l'est moins ? C'est ce qui explique le recours des investisseurs aux agences de notation extra-financière. Elles sont un symptôme du flou qui règne dans le circuit de l'information extra-financière mais elles y contribuent aussi, en présentant chacune une méthodologie différente, ce qui suscite l'incompréhension tant auprès des entreprises que des investisseurs. Les longs questionnaires chronophages à remplir sont aussi un vrai problème pour les entreprises. Les tendances actuelles du reporting RSEDans quelle direction orienter le reporting RSE des entreprises vers plus de pertinence pour l'investisseur ? En France, le débat sur le décret l'application de l'article 225 de la loi Grenelle II offre une tribune de choix aux investisseurs pour expliciter leurs attentes fondamentales. Les recommandations de reporting RSE venant des investisseurs (EFFAS-DVFA, UNEPFI, CFA, etc...) sont très utiles. Elles replacent le reporting RSE dans une logique plus stratégique, plus économique. Ces référentiels peuvent contribuer à rendre le reporting RSE plus pertinent parce qu'il servirait la recherche de performance de l'entreprise en répondant à la question fondamentale : quels enjeux du développement durable impactent fondamentalement ma capacité à créer de la valeur ? Quels sont les indicateurs à suivre dans une logique des 20/80, où 20 % des indicateurs matérialisent 80 % de mon impact environnemental et social? Réflexion stratégique et tableau de bord RSE d'indicateurs clésComment fluidifier le reporting RSE et, par voie de conséquence, l'intégration des données RSE par les investisseurs ? Il faut en priorité revenir aux fondamentaux. L'entreprise doit d'abord mener une réflexion stratégique sur l'impact du développement durable à court, moyen et long terme sur son business model. Si le reporting RSE est aujourd'hui défaillant, c'est que peu d'entreprises ont précisément réfléchi aux opportunités et aux menaces que le développement durable apporte. A elles d'en déduire leurs forces et leurs faiblesses pour relever les défis du développement durable et de définir leur stratégie RSE pour réussir leur transition. RSE, ISR et analyse extra-financière, à la recherche de la création de valeur durableEn l'état actuel des choses, il est difficile de construire une stratégie ISR fondamentalement pertinente du fait de lacunes des stratégies et du reporting RSE. C'est pourquoi le débat sur la performance n'en finit pas. L'étude de l'EDHEC Risk Institute s'ajoute aux nombreux travaux sur le sujet qui ont été menés ces dernières années. On peut distinguer 3 types d'études sur le lien performance financière – performance RSE. Les conclusions des études sur le lien RSE – performance financière sont mitigéesLes études théoriques, tout d'abord, montrent que la RSE participe au bon management et à la bonne réflexion stratégique de l'entreprise. Au niveau stratégique, les articles de Michael Porter sur l'intégration de la RSE dans la chaîne de valeur de l'entreprise font référence. De même, les stratégies de percée de marché par la base de la pyramide rentrent dans une logique d'accessibilité des produits et des services, ce qui contribue au développement durable. Les stratégies « blue ocean » ont, elles aussi, leur logique durable. La logique de la RSE se greffe également très bien à l'analyse de la valeur immatérielle des entreprises. Vers une mesure opérationnelle des gains financiers des approches RSEIl est probablement plus constructif de réfléchir dans une logique « projet », en comparant les coûts et les avantages de la démarche RSE. Cela ne peut se faire qu'à partir de KPIs à forte matérialité financière. A la lumière de tous les travaux sur le reporting RSE, l'Institut RSE management a construit un tableau de bord d'indicateurs stratégiques pour toute entreprise, à compléter par des indicateurs sectoriels. Les indicateurs traitent d'enjeux économiques de long terme (viabilité au regard des évolutions du développement durable), environnementaux, sociaux, sociétaux et de gouvernance. Chacun de ces indicateurs a une logique financière et sociétale, pour peu que l'entreprise se donne les moyens de recueillir les données. Surtout, ils sont dans une logique gagnant-gagnant : c'est payant pour l'entreprise comme pour la Société. |