Le conseil en reporting extra-financier
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Note d'analyse sur le coût du reporting RSE

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La production d’information extra-financière est une démarche intégrée à l’information financière et à l’exigence de bonne transparence  qui est à mettre en rapport avec les avantages qu’elle représente pour l’investisseur, la collectivité et le bon management. Son coût est plus un « investissement de connaissance et de suivi économique » qu’une dépense nette, très relative.

La question du coût du reporting demandé par les utilisateurs et les régulateurs (cf. loi NRE puis loi Grenelle 2 en France) a toujours été au cœur de ses préoccupations, dans le souci que la démarche de transparence extra financière soit un outil de bonne gouvernance et de compétitivité et non une charge administrative.

Dans cette perspective, on rappellera les éléments justifiés par la pratique opérationnelle des nombreuses entreprises qui maîtrisent désormais ce reporting RSE.
  1. Définition : que doit produire le « reporting RSE » ?
 Toute demande de reporting extra-financière se traduit par trois niveaux d’information
  • La mise à disposition d’informations, sur un support numérique (Excel, site internet)
  • L’intégration des données dans des supports existants : document de référence et rapport du conseil d’administration, rapport d’activité, supports de communication financière ou corporate existants…
  • La création de supports ad hoc, à vocation de communication du type rapport DD dédié ou présentations institutionnelles élaborées etc..
On notera donc que si on parle de reporting, on parle de production de données ne nécessitant pas d’investissement communication autres que ceux existants, au titre des obligations légales, à ne pas confondre avec des investissements supplémentaires que la firme décide de faire pour des fins de communication qu’elle poursuit par ailleurs.
  1. Les 3 postes de dépenses fondamentaux du reporting RSE
La production de données conformes à des recommandations (GRI, référentiels spécifiques, demandes légales etc..) implique en général trois démarches successives. Leur coût est très variable selon que l’entreprise est une multinationale complexe ou une PME peu structurée.

Pour autant, en % de ce que cela représente au regard des coûts de l’information financière, on considère que cela dépasse rarement 5% et diminue régulièrement dans le temps.

  • Une dépense en temps interne : apprentissage du savoir-faire, collecte et traitement des données, intégration dans les systèmes existants etc.

Ceci nécessite 20% du temps d’une personne au sein d’une direction financière ; ceci peut être plus important si l’entreprise décide d’intégrer d’elle-même la réponse aux nombreux questionnaires des agences et développer un reporting au-delà des référentiels.

  • Une dépense en « achats extérieurs », très variable selon le degré de sophistication souhaitée, comprenant des formations et du conseil.

Soit des enveloppes dépassant rarement 5 à 10 000 € pour une entreprise moyenne et le double ou le triple pour une très grande. Le seul achat extérieur conséquent peut être le système d’information dédié, si l’entreprise n’a pas de système informatique en l’état, pouvant intégrer ces données.

  • La dépense de vérification est la dépense qui peut être la plus significative, selon la taille de l’entreprise et l’exigence de la mission demandée.

Au tarif des « big four » ces missions peuvent aller de 10 à 50 K€ et bien au-delà pour les grands groupes. Elle peut être parfois « intégrée » dans la mission du CAC et fait l’objet d’une négociation en plus.
  1. L’analyse économique du coût du reporting RSE : un volet extra-financier qui vient compléter l’information financière existante.
Comme on le voit, on se trompe souvent sur l’analyse économique du reporting RSE qui est souvent confondue avec les dépenses de communication RSE et qui dépend largement des capacités internes de la firme à maîtriser ses systèmes d’information financière, tant en collecte interne qu’en traitement par les outils numériques.
  • S’il s’agit de produire de 30 à 100 indicateurs extra-financiers, de conformité, au travers du système d’information existant, comme doit savoir le faire toute firme organisée pour rendre compte avec un niveau minimum de transparence, le reporting RSE représente essentiellement un coût d’apprentissage interne, sur 2 à 3 ans d’un quart de temps homme, multiplié par quelques personnes au sein des directions concernées.
Il s’y ajoute souvent des coûts conseil qui restent assez limités car le savoir-faire est standard. C’est donc un investissement de conformité et de productivité, s’il en est fait bon usage, avec un coût d’adaptation du système d’information interne, à apprécier au coût marginal.

C’est aussi une source de gains (réduction des gaspillages), à mettre en face de l’effort de compétence à produire.
  • S’il s’agit d’aller au-delà de la production de données et de bâtir, de manière volontariste, un dispositif d’information extra financière qui va toucher les investisseurs, les cibles externes et se traduire en communication financière directe, l’investissement aval peut générer des coûts de valorisation importants, selon l’ambition de l’entreprise et l’espérance de gain qu’elle peut avoir en retour.
On ne parlera plus de reporting mais de communication financière et extra-financière. C’est dans cet esprit qu’il faut loger aussi l’effort de réponse aux agences de rating, qui reste libre et qui peut requérir un temps variable en interne ou en externe. L’effort est corrélé à la valeur que l’entreprise y attache.

  • On ajoutera aussi la question de mesures spécifiques (GES et CO2 notamment) qui requiert un investissement technique sérieux au départ, sous-traité la plupart du temps et qui peut coûter de 5000 à 50 000 € selon les périmètres et la complexité des firmes.
  1. La question problématique du coût du reporting reste celle de la vérification
Elle doit s’analyser au regard des coûts et des avantages que présente une certification de données opposables, pour les émetteurs comme pour les utilisateurs. Elle doit être aussi analysée au regard des principes et des coûts de la vérification financière, bien connus et qui trouvent là un prolongement vis-à-vis desquels l’entreprise a une maîtrise faible bien que négociée.

On peut s’interroger à ce sujet sur l’opportunité de contraindre à la vérification par un tiers des données extra-financières, dès lors qu’on se situe encore dans un processus de construction et d’incitation et pas toujours d’obligation.

Il serait plus pertinent de laisser le choix à l’entreprise, pendant quelques années, d’attester la fiabilité des données, au titre de la responsabilité personnelle du dirigeant, et de lui laisser le choix d’appeler un tiers indépendant, lorsque c’est nécessaire, si les risques d’erreur lui semblent trop élevés et si les tiers utilisateurs en font une question de crédibilité.

 Enfin, il ne faut pas oublier que l’offre sur cet enjeu est en train de développer des savoir-faire de traitement et que l’acquisition des process par les entreprises elles-mêmes a comme conséquence que ces coûts de production de l’information extra-financière décroissent très vite au bout des 3 à 5 premières années de construction des opérations.

Un investissement (temps + achats) qui peut aller de 10 à 50 ou 100 K€ selon la taille, pour mettre en place le dispositif, se réduira très nettement après trois ans, pour laisser place – ou non – à des dépenses de valorisation choisies. Les analyses de retour sur investissement, lorsque les entreprises, les investisseurs et acheteurs utilisent bien ces données, sont aussi lisibles dans les coûts d’assurance, la baisse de coûts structurels et la qualité sociétale de la firme.

NOS 5 RECOMMANDATIONS POUR BAISSER LES COUTS DU REPORTING RSE
  1. Poser l’enjeu de construction du reporting RSE de façon distincte de la communication externe, en s’intégrant au plus près de la direction financière et du management DD
  2. Mandater un professionnel coordonnateur dans l’entreprise qui travaillera avec une expertise externe pour se former et acquérir les outils méthodologiques
  3. S’inscrire dans un plan de construction sur trois ans qui fait le lien avec les acteurs internes afin de dégager les meilleures synergies et l’appropriation des acteurs concernés
  4. Ne pas se précipiter sur un système d’information complexe mais arrêter son cahier des charges dans une logique de consolidation interne et de diffusion externe simplifiée
  5. Dégager des données des enseignements internes avec le management et la DG pour analyser les points forts/points faibles et rechercher les gains mesurés par le reporting
Nous sommes à disposition pour préciser ces données et ces analyses, à la demande, en s’appuyant sur des exemples précis. L’Institut RSE Management entreprend actuellement la publication d’une étude internationale sur l’utilisation de ces données extra-financières dont la qualité pose encore problème pour ceux qui l’analysent et qui va exiger un effort de crédibilisation de la part des firmes sous la pression du marché, autant qu’à la demande des régulateurs, dans les années qui viennent. Cette étude sera complétée par une enquête sur cette question des coûts du reporting, pour préciser les budgets investis par les entreprises et valider les évaluations de dépenses observées dans les différentes configurations. Elle sera disponible en mars 2012.

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