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Climat : au delà de la défaillance de la gouvernance internationale, la réponse à l’inéluctable s’organise

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Il y a toutes les raisons de penser que la COP17 qui vient de se tenir à Durban est tout à fois un échec et une avancée,  à travers l’« accord à minima » qui en résulte et des nouveaux sujets qu’elle a permis de mettre sur la table. Un échec parce qu’elle ne permettra pas de résoudre la question climatique, tant les enjeux sont immenses.  Réduire les émissions mondiales de 50% d’ici 2050 pour contenir le réchauffement à +2°C en moyenne, avec une demande en énergie qui devrait croître d’un tiers d’ici 2035 selon l’AIE, et des engagements de réduction nationaux nettement insuffisants, est un objectif définitivement hors de portée. Tous les experts et le GIEC en tête convergent pour prédire un réchauffement moyen de l’ordre de 3,5°C à 4°C, avec d’importantes variations selon les régions.

A Durban, les tensions se sont à peine dissipées entre une Europe associée aux petits états insulaires, qui continue d’essayer de tirer vers le haut le reste du monde, et le bloc « Etats-Unis, Chine, Inde » conforté par le trio « Canada, Japon, Russie », qui refusent tous de signer un chèque en blanc sur la question du climat. Pour autant, quelques avancées sont à mettre au crédit de cette 17ème sommet international sur le climat.


  • Dans une architecture et une forme juridique qui restent encore à définir, se dessine un futur accord, certes minimaliste car basé sur des objectifs volontaires et juridiquement non contraignants. Malgré tout cet accord, s’il parvient à se réaliser au plus tard en 2015, devrait inclure tous les pays, et donc pour la 1ère fois les Etats-Unis, l’Inde et la Chine. Il entrerait en vigueur en 2020.
  • Une deuxième période d’engagement dans le protocole de Kyoto, à ratifier par chacun des 37 pays cités à l’annexe 1, a été actée. Elle commencerait en 2013 et se terminerait en 2017 ou 2020 ; le Canada a annoncé sa sortie officielle du protocole, le Japon et la Russie devraient suivre. Mais l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et la Norvège ont eux annoncé qu’ils souhaitaient rejoindre Kyoto en 2013. Au final, la couverture mondiale du protocole se maintiendrait aux environs de 15% des émissions mondiales, ce qui représente bien trop peu en regard de l’urgence de la situation.
  • Les projets de capture et stockage du carbone entrent dans le protocole de Kyoto au titre des mécanismes de flexibilité.
  • De nouveaux sujets ont fait leur entrée dans le processus, dont l’agriculture, le transport aérien et le transport maritime, au travers de la création de groupes de travail. Ce sont là des signes d’une prise de conscience au niveau international de la criticité de ces enjeux.
En revanche, on peut déplorer le peu d’avancées du côté du Fonds Vert. Trouver les sources de financement des 100 milliards de $ par an à partir de 2020 reste une sérieuse gageure, au regard de la situation budgétaire actuelle des pays développés. Mais ce quasi-immobilisme des grandes négociations internationales ne doit pas faire oublier le mouvement de fond qui continue son avancée vers une économie (plus) verte. Si certains Etats l’ont mieux compris que d’autres (Chine et Corée sont les champions de la révolution verte), nombre d’initiatives exemplaires se jouent à des niveaux locaux : territoires, villes, associations, fédérations professionnelles, investisseurs et entreprises s’organisent.



La mesure des émissions de gaz à effet de serre, sujet complexe par essence, entre dans une phase de convergence. Les standards de comptabilité carbone se structurent autour d’approches « produit » et « corporate », comme en témoigne la conférence organisée par l’EpE (Entreprises pour l’Environnement) le 14 décembre, autour des deux nouveaux standards du GHG Protocol* :
Ces nouveaux standards vont dans le sens d’une harmonisation des pratiques : ainsi, avec la prise en compte du scope 3, le périmètre des émissions qui entre dans les principes de comptabilisation du GHG Protocol est maintenant identique à celui du Bilan Carbone de l’Ademe. Il reste encore quelques différences d’approche, notamment en matière de gestion de l’évolution des périmètres dans le temps (la question de la comparabilité des exercices est cruciale dans une démarche de pilotage de la performance) et de consolidation (quelles filiales doit-on intégrer dans le périmètre ?).

Il a été rappelé lors de cette conférence que le GHG Protocol est un outil d'aide à la décision économique : mieux connaître ses possibilités d'action sur l'environnement, identifier et comprendre les risques et opportunités associés à la chaîne de valeur, maîtriser ses coûts et faire apparaître des opportunités de business.

Cette convergence des méthodes permet de renforcer le crédit accordé par l’ensemble des acteurs à l’importance de la mesure, pierre angulaire sur laquelle s’appuient la mise en place d’une stratégie carbone, l’élaboration d’objectifs de réduction des émissions, l’engagement des partenaires dans la chaîne de valeur, la communication auprès des parties prenantes, et en particulier auprès des investisseurs.

Au travers notamment du Carbon Disclosure Project (CDP), le reporting carbone s’inscrit désormais comme un pilier majeur du reporting extra-financier.

*La GreenHouse Gas Protocol Initiative, couramment appelé « GHG Protocol » et qui signifie protocole des gaz à effet de serre en français, est la méthode la plus reconnue internationalement pour la comptabilité carbone. Initié en 1998 par le World Resource Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD), il a été développé en partenariat avec des entreprises, des ONG et des gouvernements. Il met à disposition un ensemble de ressources, outils et données pour le calcul d’empreinte carbone. Pour plus d'informations.